La raison d’être des parfums des fleurs est expliquée à travers l’évolution.

Ce document constitue un exemple des présentations dans l’association, lors d’expositions, auprès d’autres organismes…

  1. Les orchidées parfumées – Introduction
  2. Pourquoi ? Comment ?
  3. Bibliographie
  4. Quelques parfums d’orchidées
  5. Notes
  6. Illustrations d’orchidées parfumées

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« Les orchidées parfumées »

Les orchidées parfumées

Que signifie « parfum d’orchidée » ? Ont-elles un parfum qui les caractérise ? Ces plantes proches de la famille des Liliaceae, exhalent souvent des senteurs dites de « jacinthe » ou « narcisse ». Elles sont aussi caractérisées par des parfums de « vanille », légers pour leurs fleurs ; ce sont les fruits du genre Vanilla qui font référence pour leur forte fragrance. Et puis existent bien ces fleurs d’orchidées aux parfums complexes, voluptueux, indescriptibles car sans références connues, correspondant davantage à des représentations imaginaires.

Et encore, affaire de goût personnel. Tout comme pour les pollinisateurs. En fait, les parfums des orchidées, complexes car résultant de sécrétions variables et nombreuses (plusieurs molécules pour composer un parfum), sont décrits par comparaison à ceux que nous connaissons. Et la palette est très très large, des senteurs les plus enivrantes aux plus dégoûtantes, pour nous, humains. Ces senteurs ne nous sont pas destinées, mais sont faites pour attirer les pollinisateurs, de manière irrésistible. Ces odeurs ont donc un lien direct avec abeilles, papillons, mouches, moustiques …

Il existerait plus de 500 espèces d’orchidées parfumées (Marcel Lecoufle), nous allons devoir restreindre la liste de ces plantes tout à fait extraordinaires, dans cette présentation.

Pourquoi ? comment ?

L’apparition des premières plantes terrestres est une étape importante dans l’histoire de l’évolution de la vie sur Terre. Les plantes ont colonisé différents milieux terrestres, humides puis secs.

  • -475 millions d’années

    Premières spores et fragments de plantes terrestres dépourvues de système vasculaire, proches des mousses, hépatiques…

  • -380 millions

    Premières plantes à ovules

  • -350 millions à -300 millions d’années

    1ères graines, nues : Gymnospermes

  • -247 millions à -242 millions d’années

    Plantes à graines enfermées dans un fruit : Angiospermes

  • -100 millions d’années

    Monocotylédones

  • -80 millions d’années

    Ancêtre commun le plus récent des orchidées actuelles

Fougères, prêles, par exemple, plantes très anciennes Ptéridophytes, se reproduisent grâce à des spores, mode de reproduction qui les confine dans les milieux humides. Ces végétaux sont des cryptogames vasculaires, c’est-à-dire ont des spores, des tissus conducteurs de sève, produisent de la lignine qui renforce la rigidité des tiges, développent des racines qui peuvent être souterraines.

Les Préspermaphytes (Prespermaphyta, aussi dits Préphanérogames) : ne produisent pas encore de graines à proprement parler mais simplement des ovules. Cet embranchement s’est diversifié : l’ordre des Cycadales est apparu il y a environ 280 millions d’années, la famille des Ginkgoaceae, plus de 270 millions d’années.Œ1

Les Spermaphytes (sperma, graine et phyte, plante, ou Phanérogames), comprennent les végétaux les plus perfectionnés du règne végétal : les plantes à graines. Celles-ci résultent de la transformation sur les plantes, d’ovules fécondés par des grains de pollen. Ces plantes représentent plus de 90% des espèces végétales, et regroupent aussi bien les conifères (gymnospermes) que les plantes à fleurs (angiospermes).

Les Gymnospermes : (grec gumnospermos, semence nue) plantes à graines dont l’ovule est nu (non enclos dans un ovaire à la différence des angiospermes), porté par des pièces foliaires groupées sur un rameau fertile (cône). La plupart des gymnospermes sont des conifères. Preuves de la réussite de ce type de reproduction à permettre l’implantation dans des milieux difficiles : Abies squamata (un sapin) à 4 600 mètres ; aussi la Welwitschia mirabilis dans le désert de Namib.

Les Angiospermes : végétaux dont les organes reproducteurs sont condensés en une fleur et les graines fécondées sont enfermées dans un fruit à la différence des gymnospermes dont les graines sont à nu.
Le fossile le plus ancien reconnu, Archaefructus liaoningensis découvert en Chine, est daté de 125 millions d’années (- 140 M pour d’autres auteurs). Une étude moléculaire récente montre que 5 grands groupes des angiospermes seraient apparus il y a 140 millions d’années. Une autre espèce fossilisée a été découverte en Chine en 1998, Bexhalstia pebja, et daterait de – 148 à – 142 millions d’années.
Coup de théâtre, des forages dans les Alpes suisses, ont mis en évidence des fossiles de grains de pollen particulièrement bien préservés, datés de 247 à 242 millions d’années.2
Les premières Orchidées seraient apparues vers – 80 millions d’années. A noter que les graminées sont apparues plus tôt qu’on ne le pensait, vers – 65 millions d’années.2

Les angiospermes représentent aujourd’hui environ 85% des plantes de la planète. Pour attester encore de la réussite de ce mode de reproduction : quelques 250 000 espèces contre seulement 700 espèces de gymnospermes selon les estimations les plus larges, avec une importance majeure pour le monde animal et pour les sociétés humaines. Autres preuves de la réussite de ce type de reproduction à permettre l’implantation dans des milieux difficiles : Ranunculus lobatus (Renonculacée) trouvé en 1995 en Inde sur le Mont Kamet à 6 400 mètres ; Stellaria decumbens (Caryophyllacée) sur l’Himalaya à 6 500 mètres.
Les graines ainsi protégées, permettent une germination différée dans le temps.

Des graines âgées de 32 000 ans, d’un Silene stenophylla de l’époque préglaciaire aujourd’hui disparu, ont été trouvées dans un terrier d’écureuil, conservées grâce à la congélation du pergélisol (permafrost en anglais). Elles ont permis la régénération de cette plante (revue de l’Académie américaine des sciences, février 2012). Avant elle, le record était détenu par un palmier dattier ressuscité à partir d’une graine vieille de 2 000 ans.

Leur intérêt (graine, fruit …) pour les animaux et les sociétés humaines, a participé à leur diffusion.

Du fait de leur immobilité, la pollinisation d’un végétal terrestre par un autre géographiquement éloigné pose une difficulté. Si une possibilité est de s’en remettre au vent (pollinisation anémophile), les angiospermes présentent la particularité que leur pollen est très souvent transporté par des espèces animales (pollinisation zoophile), principalement des insectes (pollinisation entomogame) mais aussi des chauve-souris et des marsupiaux (pollinisation cheiroptérogame, rencontrée chez le baobab) et des oiseaux (pollinisation ornithogame), qui se trouvent être attirés par la couleur, la forme, l’odeur ou le nectar des fleurs.

Les Orchidacées (Orchidaceae) forment une grande famille de plantes monocotylédones, une des plus diversifiées, comptant plus de 25 000 espèces, réparties en près de 780 genres2Dans ce monde en compétition, les Orchidées ont plus particulièrement affiné les stratégies de reproduction :

  • graines dispersées par le vent car légères et germination en symbiose avec un champignon (symbiose prolongée pour les orchidées sans chlorophylle) ; et en nombre, environ 3,7 millions de graines dans une capsule de Cycnoches chlorochilon, davantage dans une capsule de Gongora ;
  • spécificité du pollinisateur, pour atteindre avec quelques pollinies, les plantes correspondantes ;
  • formes des fleurs (= formes de l’insecte femelle, poils compris, ou pièges) ;
  • couleurs des fleurs = des sexes on ne peut plus étonnants et extravertis !3 Et avec des couleurs dans un spectre que les yeux humains ne peuvent percevoir ; les insectes sont moins limités.
  • nectar = source importante d’énergie pour les pollinisateurs ;
  • variations génétiques ;
  • et parfums …

Tous ces caractères ont pour but de permettre à ces plantes de coloniser des milieux très différents, humides ou plus secs, en plantes pionnières terrestres, épiphytes ou lithophytes, avec ou sans lumière, avec une parfaite adaptation aux milieux, voire «un savoir utiliser ces milieux pour parvenir à ses fins».

Les parfums des Orchidées sont des plus divers, de ceux produits pour attirer les mouches aux fragrances les plus suaves pour les nez humains, ou les plus surprenantes.

Si les fossiles d’insectes montrent une adaptation des pièces buccales à butiner, «contemporaine» de l’apparition des angiospermes, on ne sait rien de précis concernant l’histoire de leur spécialisation très remarquable concernant les orchidées.2

La caractéristique la plus frappante des hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis) est que de nombreuses espèces sont les plus importants pollinisateurs sur l’ensemble de la planète et des insectes sociaux. Toutes leurs relations, leur biologie, sont régulées par des échanges de substances chimiques, les phéromones.
Les lépidoptères (papillons, le fossile le plus ancien Archaeolepis mane est daté d’environ 190 millions d’années), ont aussi poussé très loin leur spécialisation. Les antennes des papillons mâles leur permettent de percevoir sur plusieurs kilomètres, les phéromones femelles.

Les orchidées capables de sécréter ces molécules particulièrement complexes, propres à chaque espèce animale, constituent des attractions sexuelles auxquelles les pollinisateurs ne peuvent se soustraire. Leur comportement est modifié.

Ce, dans une coévolution avec les Orchidées, les uns et les autres cherchant à se reproduire.
En conséquence, ce sont certainement ces parfums (assimilation de caractères sophistiqués et propres à leurs pollinisateurs animaux) qui révèlent le plus, combien les orchidées sont à part dans le monde végétal.

Bibliographie

Décrypter les sujets intéressants à travers leur dénomination :
En grec ou en latin le plus souvent, les noms révèlent les types de parfums auxquels on peut s’attendre :
aromatica, foetidum, fragrans, nodosa, odorata, odoratum, odoratissima, odoratissimum, putridum, saccata, saccatum, suave, suaveolens, suavis, suavissimum …
Et toutes les orchidées parfumées ne sont pas signalées par ces qualitatifs.

Quelques parfums d’orchidées…

Les parfums les plus remarquables sont indiqués par les symboles suivants : .

  • Acacallis
    Genre dans la sous-famille des Epidendroideae regroupant plusieurs espèces d’orchidées épiphytes d’Amérique du Sud.
    Acacallis cyanea – parfum léger
  • Acampe
    Genre comprenant 7 espèces, originaires d’Afrique tropicale et jusqu’aux Philippines.
    Acampe dentata – parfum délicat
    Acampe longifolia – parfum réputé agréable
    Acampe papillota –
    odeur très forte de jacinthe
    Acampe praemorsa – odeur forte
  • Acanthephippium
    Genre d’orchidées d’Asie du Sud-est comptant une douzaine d’espèces.
    Acanthephippium bicolor – odeur forte et sucrée
    Acanthephippium javanicum – odeur forte
    Acanthephippium sylhetense –
    odeur puissante
  • Acineta
    Mexique, et Ouest de l’Amérique du sud. Tous les Acineta sont odorants.
    Acineta barkeri – odeur forte
    Acineta chrysantha –
    odeur forte
    Acineta colmani –
    odeur forte et anisée
    Acineta superba –
    odeur forte et épicée, pain d’épice
  • Aerangis
    Dans les forêts pluviales d’Afrique, des Comores et de Madagascar. Leurs fleurs petites, généralement blanches sont agréablement parfumées le soir et la nuit, aux heures de sortie du pollinisateur seulement, pour économie d’énergie ; parfums souvent proches du jasmin.
    Aerangis appendiculata – gardénia
    Aerangis articulata – odeur de jasmin
    Aerangis biloba – odeur nocturne de citron
    Aerangis brachycarpa – odeur matinale forte et sucrée, vanille et jasmin
    Aerangis caligera –
    odeur puissante
    Aerangis citrata –
    odeur faible de citron, en journée
    Aerangis clavigera –
    odeur puissante
    Aerangis confusa –
    odeur crépusculaire, tubéreuse et gardénia
    Aerangis curnowiana – parfum de jasmin
    Aerangis ellisii –
    odeur puissante mais irrégulière de gardénia
    Aerangis fastuosa – tubéreuse, lis
    Aerangis friesisch –
    odeur puissante au crépuscule et la nuit
    Aerangis fuscata –
    odeur forte
    Aerangis kirkii – tubéreuse, gardénia
    Aerangis kotschyi –
    odeur puissante et épicée, crépusculaire et nocturne, parfum d’œillet et vanille
    Aerangis modesta –
    odeur puissante et épicée, légèrement mentholée
    Aerangis mooreana – jasmin
    Aerangis mystacidii –
    odeur de lys, muguet
    Aerangis platycephale –
    odeur de ylang-ylang
    Aerangis somalensis – gardénia
    Aerangis stylosa –
    odeur crépusculaire, épicée
    Aerangis verdict –
    odeur forte et sucrée
    Aerangis verdicosa –
    odeur de miel
  • Aerides
    Orchidées épiphytes monopodiales des forêts tropicales d’Asie. Toutes sont odorantes.
    Aerides crassifolium – muguet
    Aerides fieldingii – muguet
    Aerides flabellata – muguet
    Aerides houlletianum – odeur puissante
    Aerides lawrenceae –
    odeur forte et épicée de citron
    Aerides leeana –
    odeur sucrée
    Aerides maculosa – muguet
    Aerides mitrata –
    odeur sucrée
    Aerides odorata – parfum puissant
    Aerides quinquevulnerum – épices
    Aerides roebelinii –
    odeur forte
  • Amesiella
    3 espèces endémiques des Philippines ; grandes fleurs blanches par rapport aux plantes, avec éperon.
    Amesiella philippinensis – menthe
  • Anacamptis
    Anacamptis est un des trois genres issus de l’éclatement de l’ancien genre Orchis suite aux études moléculaires des chercheurs du jardin botanique de Kew ; lequel regroupe une vingtaine d’espèces terrestres d’Eurasie. En plus, les plantes de ce genre s’hybrident naturellement entre elles et encore avec des sujets appartenant à d’autres genres.
    Anacamptis coriophora coriophora (Bateman, Pridgeon et Chase) – « Orchis punaise » doit son nom à son odeur typique, plutôt désagréable
    Anacamptis coriophora subsp. fragrans (anciennement Orchis coriophora subsp. fragrans) – est une
    sous-espèce de « Orchis punaise », dit ici « Orchis parfumé » ou « Orchis à odeur de vanille »
  • Angraecum
    Le genre comprend plus de 200 espèces. Ce sont des orchidées souvent de grande taille, épiphytes, adaptées aux conditions des forêts sèches d’Afrique tropicale ou de Madagascar. Seules quelques espèces sont originaires d’Asie. Dégagent des senteurs nocturnes puissantes afin de guider leur papillon pollinisateur sur quelques kilomètres et en forêt. Ce n’est qu’à proximité, que les fleurs blanches se distinguent dans la nuit.
    Angraecum aporoides – gardénia
    Angraecum compactum – épicé, agrumes
    Angraecum didieri – sucré, épicé
    Angraecum distichum
    – odeur de narcisse
    Angraecum falcatum –
    odeur d’amande
    Angraecum equitans – jasmin
    Angraecum germinyanum
    – jasmin
    Angraecum leonis –
    odeur forte et crépusculaire
    Angraecum magdalenae –
    odeur nocturne sucrée/épicée
    Angraecum rutenbergianum – jasmin
    Angraecum sesquipedale – odeur puissante ; pollinisé via le sphinx Xanthopan morgani praedicta à la si
    longue trompe, seul adapté pour profiter du nectar contenu dans l’éperon, partie du labelle
  • Angranthes
    Hybridation intergénérique de Angraecum et Aeranthes
    Angranthes grandalena (Aeranthes grandiflora X Angraecum magdalenae) – jasmin
  • Anguloa
    Ces orchidées sont originaires d’Amérique tropicale. Senteurs assez particulières, presque médicinales. Pratiquement tous les Anguloa sont parfumés, avec des dominantes d’anis et de chocolat.
    Anguloa cliftonii – odeur forte et complexe
    Anguloa clowesii –
    odeur puissante et fraîche de chocolat et d’eucalyptus
    Anguloa rueckeri – odeur forte
  • Ansellia
    Cette orchidée est originaire d’Afrique tropicale et méridionale; on la trouve le long des côtes et des fleuves, dans la canopée des arbres. Parfois désignée « orchidée léopard », « orchidée cane à sucre ».
    Ansellia africana –
    odeur diurne surtout aux heures chaudes, légèrement épicée
  • Apostasia
    Le genre Apostasia comprend 7 orchidées terrestres primitives, à 2 étamines fertiles, dans les zones humides de l’Himalaya en Inde, Chine, Sri Lanka, Indonésie, Nouvelle-Guinée et nord de l’Australie.2
    Apostasia odorata (syn. Apostasia platystylis)
  • Arachnis
    Une dizaine d’espèces d’Asie du Sud-est, depuis le Bhoutan et le Sikkim, jusqu’aux Philippines, et aux îles Salomon.
    Arachnis flos-aeris –
    musc, à partir du sépale dorsal
  • Arundina
    Deux espèces d’orchidées d’Asie du Sud-est depuis l’Himalaya, jusqu’aux îles du Pacifique. Les fleurs peuvent apparaître toute l’année sur cette « orchidée bambou ».
    Arundina graminifolia
    – parfum réputé agréable
  • Ascocentrum
    Genre asiatique et des Philippines, composé d’environ sept espèces compactes proches des
    Ascocentrum curvifolium –
    odeur délicate
    Ascocentrum hendersonianum –
    odeur délicate
  • Ascofinetia
    Hybrides intergénériques entre orchidées des genres Ascocentrum et Neofinetia.
    Ascofinetia Cherry Blossum – fleurs rosées et au délicieux parfum de noix de coco
  • Barkeria
    Ce genre d’Amérique Centrale comporte 17 espèces à feuillage caduc.
    Barkeria naevosa –
    odeur de musc ; c’est la seule espèce à avoir un parfum diurne très prononcé.
  • Bifrenaria
    Amérique du Sud.
    Bifrenaria harrisoniae –
    délicieux parfum exotique, chimique, fruité, citronné et de fleurs d’acacia
    Bifrenaria tetragona –
    odeur forte, aillée, un peu sucrée ; sensuelle (?) ou rat mort pour certains (!)
    Bifrenaria wittigii
  • Bothriochilus
    Du Mexique à l’Amérique Centrale et les Caraïbes.
    Bothriochilus bellus – amande, pâtisserie
  • Brassavola
    Ces plantes épiphytes originaires des forêts humides du Brésil, présentent des fleurs blanches agrémentées d’un labelle cordiforme. Tous dégagent de délicieux parfums, délicats, fins, d’agrumes, crépusculaires et nocturnes, pour attirer des papillons.
    Brassavola digbyana (devenu Rhyncholaelia digbyana, magnifique labelle fimbrié) – odeur puissante et agréable, sucrée, rappelant le citron, la rose, la Chartreuse (herbacée) ; éteindre toute source lumineuse avant de l’approcher : n’exhale son parfum qu’en l’absence de lumière
    Brassavola fragrans
    Brassavola nodosa – odeur florale de freesia et muguet, citronnée, la nuit
    Brassavola tuberculata – odeur faible, vanille et gardénia
  • Brassia
    Communément appelées « orchidées araignées », elles sont caractérisées par des fleurs à longs sépales et longs pétales. La zone d’expansion de ces plantes épiphytes, 29 espèces, a pour centre les contreforts des Andes péruviennes et s’étend sur toute l’Amérique tropicale (Amérique Centrale, Caraïbes, Floride, Pérou, Bolivie). Elles croissent en touffes sur des arbres, dans les forêts humides jusqu’à 1500 m d’altitude. Les Brs. ont une méthode de pollinisation originale : une guêpe prédatrice des araignées trompée par la ressemblance, essaye de saisir sa proie. Avec ces mouvements, la tête de la guêpe entre en contact avec les pollinies qu’elle transporte vers un autre Brassia. Tous sont délicatement parfumés. Mais les nombreux hybrides perdent cette caractéristique, comme souvent.
    Brassia allenii – odeur de miel
    Brassia caudata – …et fleurit plusieurs fois par an
    Brassia Edvah Loo ‘Veracruz’ (Brassia gireoudiana X Brassia longissima) – hybride primaire au parfum à la fois fin et épicé poivré
    Brassia gireoudiana – musc, mais léger et agréable
    Brassia longissima ( Brassia lawrenceana var. longissima, parfois syn. Brassia arcuigera) – odeur légère et agréable de moisi
    Brassia maculata
    Brassia ochroleuca – tarte aux pommes
    Brassia Rex (Brassia verrucosa X Brassia gireoudiana) – un parfum légèrement vanillé assez fort le matin, pour cet hybride primaire
    Brassia suavissima
    Brassia verrucosa
    – petit parfum poivré
  • Bulbophyllum
    Plus de 2000 espèces originaires des régions subtropicales et tropicales d’Asie, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Nouvelle-Calédonie, d’Afrique et d’Amérique. Certains sont pollinisés par des mouches, leur odeur nous est déplaisante.
    Bulbophyllum ambrosia – odeur d’amande amère et miel
    Bulbophyllum auricomum – odeur puissante
    Bulbophyllum beccari – odeur très désagréable pour attirer les mouches
    Bulbophyllum buntingii – odeur forte de coumarine (foin et tabac ; en parfumerie, note de fond obtenue à partir de la fève tonka)
    Bulbophyllum cocoinum – odeur forte de noix de coco séchée
    Bulbophyllum echinolabium – odeur forte de charogne
    Bulbophyllum lasiochilum – délicieux parfum d’huile d’olive (comparé à d’autres)
    Bulbophyllum lepidum – odeur désagréable
    Bulbophyllum lobbii – odeur agréable de jasmin et de fleurs d’oranger
    Bulbophyllum putridum – odeur de charogne
    Bulbophyllum rothschildianum – senteur de pêche, fruitée
  • Cadetia
    Origine : Est de l’Australie et Nouvelle-Guinée ; environ 55 espèces, miniatures.
    Cadetia chionantha – floral doux
    Cadetia hispida
    – odeur sucrée de vanille
    Cadetia taylori – parfum anisé très agréable
  • Calanthe
    Ce genre comprend 150 espèces (à feuilles caduques ou à feuillage persistant) vivant dans les zones tropicales et sont majoritairement concentrées en Asie. Elles exhalent des parfums doux et agréables.
    Calanthe izu-insularis – senteurs florales
    Calanthe odora
    Calanthe sieboldii –
    odeur de zeste (épluchures d’orange) ; les parfums d’agrumes sont généralement dus à des terpènes, des molécules très répandues dans les végétaux et participant à la composition des huiles essentielles4
  • Catasetum
    Genre d’o. épiphytes d’Amérique du Sud comptant plus de 160 espèces. Tous sont parfumés, les fleurs mâles de certains Catasetum dégagent quelques jours après leur éclosion une odeur forte et musquée.
    Catasetum appendiculatum – odeur épicée
    Catasetum bungerothii (pileatum) – odeur puissante
    Catasetum fimbriatum – odeur puissante, épicée mais irrégulière
    Catasetum macrocarpum – odeur forte et épicée
    Catasetum oerstedii – odeur forte
    Catasetum saccatum – fleur mâle spectaculaire et odorante (latin saccatum : urine)
    Catasetum tenebrosum – odeur épicée et citronnée
    Catasetum thylaciochilum – odeur sucrée et nocturne
    Catasetum warscewiczii – odeur de citron et de rose
  • Cattleya
    Plantes originaires des forêts tropicales d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud avec une soixantaine d’espèces. Ce genre offre une très grande variété de parfums, complexes, parfois puissants et envoûtants ; tous sont parfumés et difficiles à définir, ici les plus remarqués :
    Cattleya aclandiae – odeur forte et épicée, de rose
    Cattleya amethystoglossa –
    odeur épicée
    Cattleya araguaiensis
    Cattleya aurea – parfum citronné
    Cattleya bicolor –
    odeur forte d’œillet
    Cattleya dowiana –
    odeur remarquable, sucrée (miel), citronnée, de jasmin
    Cattleya elongata
    Cattleya forbesii – chewing-gum
    Cattleya fragrans (synonyme Cattleya velutina)parfum de jacinthe
    Cattleya granulosa –
    odeur puissante, sucrée et poivrée
    Cattleya guttata –
    odeur puissante, sucrée, médicinale
    Cattleya harrisoniana –
    odeur faiblement épicée
    Cattleya intermedia –
    odeur sucrée, florale
    Cattleya lawrenceana
    Cattleya loddigesii –
    odeur épicée, chocolat au lait
    Cattleya luteola – floral, frais
    Cattleya maxima – pois de senteur
    Cattleya mossiae – odeur sucrée et alliacée
    Cattleya schilleriana –
    odeur sucrée, miel
    Cattleya velutina – odeur proche de celui de la jacinthe, aldéhydée
    Cattleya violacea –
    odeur fortement épicée
    Cattleya wageneri –
    odeur alliacée
    Cattleya walkeriana –
    odeur puissante de cannelle
    Les hybrides aussi, peuvent être remarquables par leurs parfums :
    Cattleya Peckhaviensis ( aclandiae X C. schilleriana) – miel
    Brassocattleya Binosa ‘Kirk’ AM/AOS (Cattleya bicolor X Brassavola nodosa) – épicé
    Brassocattleya Cynthia ‘Pink Lady’ HCC/AOS – agrumes
    Brassolaeliocattleya Arthur Bossin – floral
    Brassolaeliocattleya Don Michael ‘Razzmatazz’ – parfum envoûtant
    Brassolaeliocattleya Haw Yuan Beauty ‘Orchis’ – vanille
    Brassolaeliocattleya Keowee – floral
    Brassolaeliocattleya Emily Simmons ‘Mendenhall’ AM/AOS – très parfumé, à découvrir
    Brassolaeliocattleya Yellow Imp – léger, floral
  • Cephalanthera
    Orchidées terrestres à petites fleurs peu ouvertes, et pollen pulvérulent, principalement d’Eurasie, il en existe 14 espèces, dont 5 en Europe.
    Cephalanthera damasonium –
    odeur de vanille
  • Chamaeangis
    Genre de 27 espèces originaires de l’Afrique à Madagascar et des Mascareignes.
    Chamaeangis odoratissima –
    odeur forte
    Chamaeangis orientalis –
    odeur forte de narcotique
    Chamaeangis rusicola – odeur puissante
    Chamaeangis vesicata – parfum délicieux
  • Chysis
    Amérique centrale, du Mexique au Pérou, ce genre comporte 10 espèces épiphytes ou lithophytes. Les fleurs très belles, ont un parfum agréable, mais fanent parfois en quelques jours. Le parfum sert à signaler les fleurs dès leur ouverture, pour éviter l’autopollinisation.
    Chysis aurea
    – parfum agréable, de frais
    Chysis bractescens
    – parfum assez épicé qui se développe surtout le matin
    Chysis laevis – parfum agréable, de frais, entre primevère et mimosa, très doux
  • Cirrhopetalum
    Genre comptant environ 150 espèces d’orchidées épiphytes d’Asie, depuis l’Inde jusqu’aux îles du Pacifique. Voir aussi synonymes Bulbophyllum. S’ils sont un plaisir visuel, on ne peut pas en dire autant de l’odeur qu’ils dégagent.
    Cirrhopetalum gracillium – odeur d’algues et de crustacés, fétide
    Cirrhopetalum graveolens – empeste la viande pourrie
    Cirrhopetalum robustum – odeur pénétrante d’acide acétique (vinaigre) et butyrique (beurre rance), âcre
    Cirrhopetalum fascinator – odeur acide butyrique et restes d’effluves de poissons ; purines ?4
    Cirrhopetalum putidum
  • Clowesia
    Petit genre américain ne comportant que 7 espèces.
    Clowesia dodsoniana –
    très parfumé
    Clowesia rosea
    – odeur forte de cannelle, en soirée
    Clowesia russeliana – odeur sucrée, de menthe et résine de pin
    Clowesia thylaciochila
    Clowesia warscewiczii – belles fleurs à odeur de citron
  • Cochleanthes
    Ce genre comporte 13 espèces, largement répandues à travers l’Amérique tropicale, dans les forêts rumeuses des contreforts montagneux.
    Cochleanthes aromatica –
    un parfum puissant de fleur d’oranger
    Cochleanthes discolor – odeur d’eucalyptus
    Cochleanthes flabelliformis (syn. Cochleanthes fragrans) – parfum fort et sucré du matin au soir
  • Coelogyne
    Genre avec près de 190 espèces, 2 sous-espèces et 12 variétés, ce qui fait 204 taxons en tout. On trouve les Coelogyne sous tous les climats, chaud, tempéré, frais et froid, en Asie du sud et du sud-est jusqu’aux îles du Pacifique du sud-ouest et à l’est.
    De nombreux exhalent des parfums typés «épicé-floral».
    Coelogyne barbata – odeur de musc
    Coelogyne cristata –
    odeur épicée/sucrée de jacinthe ; belles fleurs d’un blanc immaculé à part la partie centrale du labelle qui est jaune vif
    Coelogyne cristata var. hololeuca – très belles fleurs entièrement blanches et odeur pipi de chat
    Coelogyne dayana – musc
    Coelogyne densiflora –
    odeur de musc
    Coelogyne fimbriata –
    odeur de musc et de levure
    Coelogyne flaccida –
    odeur réputée très puissante de musc, voire chevaline
    Coelogyne fragrans – parfum de vanille
    Coelogyne huetneriana –
    odeur puissante de musc
    Coelogyne lawrenceana – floral doux
    Coelogyne mooreana
    Coelogyne ochracea – musc
    Coelogyne odoratissima -« the fragrant Coelogyne »
    Coelogyne ovalis – musc
    Coelogyne pandurata
    – parfois appelée « orchidée noire », odeur épicée de vanille et de cannelle
    Coelogyne rochussenii
    Coelogyne speciosa – musc
    Coelogyne tomentosa – parfum délicat et musc
  • Coryanthes
    Genre d’orchidées épiphytes tropicales, du Mexique au Brésil. Un peu plus d’une trentaine d’espèces.
    Chacune d’elles est pollinisée par « son » abeille dont elle émet le parfum spécifique, pour l’attirer dans son piège. Les abeilles mâles sensibles au fort parfum du fluide sécrété par la fleur, tombent dans celui-ci, contenu dans le labelle, en forme de réservoir. Ces abeilles mâles stockent ce fluide à forte odeur d’huiles aromatiques dans des sacs spongieux spécialisées à l’intérieur de leurs pattes arrières, et semblent utiliser ce parfum dans leurs parades pour captiver les femelles. Mais avant, ils devront trouver le passage pour sortir de ce piège, sécher leurs ailes… et pendant ce temps, les pollinies n’en collent que mieux au corps de l’insecte. Tout intrus qui n’aurait pas la taille requise pour se faufiler vers la sortie, demeure prisonnier.
    Coryanthes leucocorys –
    odeur forte de menthe
    Coryanthes macrantha –
    odeur forte
    Coryanthes nitida –
    odeur sucrée
  • Corymborkis
    Genre primitif de 6 espèces dispersées dans différentes zones tropicales dont Papouasie, Nouvelle-Guinée, Asie du Sud-est ; attestant par ces caractères, de son ancienneté.2
    Corymborkis corymbis – parfum épicé
    Corymborkis veratrifolia – parfum épicé, en début de soirée
  • Cycnoches
    Ce genre comporte 34 espèces américaines qui poussent à basse altitude, dans les forêts chaudes et humides des tropiques.
    Cycnoches chlorochilon
    – odeur forte, banane et naphtaline
    Cycnoches cucullata – odeur de miel
    Cycnoches pentadactylon – odeur de chocolat
    Cycnoches ventricosum – odeur forte de banane
  • Cymbidiella
    Trois espèces composent ce genre de Madagascar. falcigera est parfois désignée « orchidée noire ».
    Cymbidiella flabellata
    – les fleurs sont parfumées et durent longtemps, odeur de vanille
  • Cymbidium
    Le genre comprend une soixantaine d’espèces largement réparties à travers l’Asie, de l’lnde au Japon et à l’Australie.
    Cymbidium eburneum (
    Cym. mastersii) – réputé pour son parfum
    Cymbidium faberii
    – odeur de musc, citron et jasmin
    Cymbidium goeringii – odeur sucrée de lys
    Cymbidium kanran – odeur d’épluchures de citron
    Cymbidium mastersii – odeur sucrée d’amande
    Cymbidium sinense – odeur de thé
    Cymbidium suave
    Cymbidium suavissimum
    – parfum fruité
  • Cypripedium
    Principalement dans les régions Nord de l’Amérique et de l’Eurasie : une quarantaine d’espèces.
    Cypripedium acaule –
    odeur de melon d’eau
    Cypripedium calceolus –
    odeur forte de musc
    Cypripedium candidum – parfum délicat et sucré, marqué
  • Dactylorhiza
    Un genre de plantes terrestres des régions tempérées, principalement eurasiatique qui comprend une cinquantaine d’espèces. Lesquelles présentent des fleurs au délicat parfum de sureau.
    Dactylorhiza sambucina – sureau, miel, vanille
  • Dendrobium
    Genre originaire des régions subtropicales et tropicales d’Asie, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. On dénombre plus de 1200 espèces dans des biotopes variés. Aussi parfois désignées comme « orchidées bambous », en raison de leurs cannes (tiges renflées = pseudobulbes).
    Genre très parfumé. De toutes les orchidées, c’est l’hybride Dendrobium phalaenopsis ‘Pompadour’ qui a été exploité pour son parfum de fleur. Les orchidées sont insuffisamment productives pour intéresser ce secteur économique.
    Dendrobium aduncum – odeur
    Dendrobium amoenum
    – violette
    Dendrobium anosmum
    (syn. superbum)odeur puissante de fraise ou de rhubarbe, raisin ; mais tous les spécimens ne sont pas odorants
    Dendrobium aphrodite – parfum remarquable et délicieux
    Dendrobium aphyllum (syn. Den. pierardii) – parfum léger de violette
    Dendrobium aureum (Den. X heterocarpum)odeur de violette
    Dendrobium bellatulum – parfum d’agrume : citron vert, orange
    Dendrobium chrysotoxum –
    odeur forte d’aubépine, voir aussi variété suavissimum
    Dendrobium X delicatum – hybride primaire résultat d’un croisement spontané entre
    Den. kingianum et Den. speciosum ; parfum puissant, inoubliable, de jasmin
    Dendrobium discolor – miel
    Dendrobium draconis –
    odeur de mandarine
    Dendrobium findlayanum – fonction odorante du labelle plus marquée avec var. oculatum
    Dendrobium formosum –
    odeur sucrée
    Dendrobium harveyanum – miel
    Dendrobium jenkinsii – miel
    Dendrobium kingianum –
    odeur sucrée, vanille et miel
    Dendrobium leonis – odeur de vanille
    Dendrobium lindleyi (syn. Den. aggregatum) – odeur faible de miel
    Dendrobium loddigesii – floral, doux
    Dendrobium moniliforme –
    odeur de camélia, d’azalée
    Dendrobium moschatum – musc
    Dendrobium palpebrae – aubépine
    Dendrobium parishii – rhubarbe
    Dendrobium pulchellum –
    odeur de musc
    Dendrobium scabrilingue –
    odeur de chèvrefeuille, de jasmin
    Dendrobium speciosum – odeur de jacinthe
    Dendrobium unicum – tangérine (agrume dont le fruit est très proche de la mandarine)
    Dendrobium wardianum –
    Dendrobium williamsonii – épicé, citronné
  • Dendrochilum
    L’aire de répartition est très vaste : presque toute l’Asie du Sud-est jusqu’à la Nouvelle-Guinée (270 espèces décrites). Les plantes sont plus particulièrement abondantes aux Philippines (93 espèces), Bornéo (68 espèces) et Sumatra (61 espèces). Ces « orchidées chaînes » sont ainsi désignées car les fleurs très nombreuses sont rangées en ligne comme des maillons.
    Dendrochilum arachnites –
    odeur de cannelle.
    Dendrochilum glumaceum –
    odeur forte de vanille et curry
  • Dendrophylax
    Genre d’orchidées épiphytes, sans feuilles (écailles), endémiques des zones marécageuses du golfe du Mexique, des Caraïbes et de Floride. Environ 17 espèces à odeurs fruitées, de pomme, pollinisées par de grands sphinx, grâce à leurs longs éperons. Ce genre ainsi que Harrisella, sont apparentés au genre Angraecum de l’Afrique et Océan Indien. Il semble que les graines d’orchidées portées par les vents, soufflées comme des poussières, ont traversé l’Atlantique pour coloniser un nouvel habitat.
    Dendrophylax fawcetti
    Dendrophylax funalis

    Dendrophylax lindenii – dite « orchidée fantôme » ou « orchidée grenouille blanche »
  • Disa
    Le genre Disa est composé de 169 orchidées terrestres, dans les régions tropicales, Afrique du Sud, Madagascar, îles de l’ouest de l’océan Indien, Australie. Racine tubéreuse, labelle non résupiné, pollinisateurs variés.
    Disa fragrans
  • Drakaea
    Originaire d’Australie, le genre comprend dix espèces qui étonnent par leurs formes. Cette « orchidée marteau », Drakaea elastica, pousse dans les prairies sèches d’Australie du Sud, et attire des guêpes. Tandis que les guêpes mâles volent, les femelles elles, n’ont pas d’ailes et vivent dans le sol. Juste après la sortie des guêpes mâles et avant celle des femelles, cette orchidée se met à fleurir et son labelle imite parfaitement la guêpe ainsi que son odeur (des pyrazines4). Ce « leurre » est formé par un labelle articulé de 5 à 6 cm de long. Le mâle croyant y voir une femelle, enserre le labelle puis essaye de s’envoler, ce faisant il vient heurter les pollinies au cœur de la fleur. Ne parvenant pas à ses fins, le mâle lâche prise et s’envole ainsi vers une autre orchidée.
  • Embreea
    Deux espèces épiphytes (proche des Stanhopea) des forêts nuageuses de 800-1000 mètres d’altitude, Colombie, Equateur, Andes.
    Embreea rodigasiana (synonyme Stanhopea rodigasiana) – parfum léger mais pénétrant et agréable de
    menthe, agrume, réglisse, médicament
    Embreea herrenhusana – parfum puissant (Embreea rodigasiana herrenhusana’ réputé sans parfum)
  • Encyclia
    Encyclia est un genre différencié des Epidendrum ; puis certains renommés Prosthechea, voir les synonymes : 172 espèces originaires d’Amérique centrale, que l’on trouve depuis le niveau de la mer et jusqu’à 2000 mètres d’altitude.
    Encyclia bracteata – odeur chlorée (eau de javel)
    Encyclia citrina –
    odeur anisée, citron vert
    Encyclia cordigera –
    odeur épicée
    Encyclia fragrans –
    odeur de miel et de vanille et jacinthe, un peu musquée
    Encyclia lancifolia – très parfumé
    Encyclia microbulbon – mélange floral, bois de santal, très agréable particulièrement le matin
    Encyclia odoratissima
    Encyclia radiata –
    odeur épicée, agréable et de jacinthe
    Encyclia suaveolens – fragrance citronnée pour cet « Encyclia au doux parfum »
    Encyclia trifolium – odeur délicate de citron
    Encyclia vespa –
    odeur de vanille, légère
  • Epidendrum
    Il existe plus de 1000 espèces d’Epidendrum, originaires d’Argentine, Amérique centrale et Mexique, Caroline du Sud en Amérique du Nord, Caraïbes, aussi. Presque toutes les espèces ont des qualités qui les rendent très adaptables à des conditions extrêmes, comme jungles humides, forêts tropicales arides et zones désertiques ainsi que forêts de conifères.
    Les Epidendrum produisent des fleurs dans une grande variété de couleurs, parfois très vives.
    radicans spp. Asclepias, aux fleurs orange vif et jaune, couleurs proches des fleurs d’asclépiades, attire ainsi les papillons migrateurs monarques, lesquels effectuent des pollinisations. Ce papillon aux couleurs vives, tant au stade larvaire (chenille) qu’au stade adulte (imago), signale ainsi sa toxicité auprès d’éventuels prédateurs. Les œufs sont pondus sur des plants d’asclépiades, qui contiennent des substances toxiques pour de nombreux animaux mais pas pour le monarque. En se gavant de feuilles d’asclépiade, la chenille séquestre et emmagasine les toxines, ce qui la rend indigeste. En imitant une plante ou un insecte indigeste, signalé par ses couleurs vives, les copieurs préviennent ainsi les éventuels ravageurs. Beaucoup d’espèces d’Epi. ont également un parfum merveilleux.
    Epidendrum aromaticum –
    épices
    Epidendrum atropurpureum –
    épices
    Epidendrum falcatum –
    odeur forte qui embaume toute la serre le soir
    Epidendrum fragrans – odeur puissante
    Epidendrum parkinsonianum –
    odeur de jasmin, de lys
    Epidendrum stamfordianum – odeur subtile de muguet ou jasmin
  • Eria
    Asie tropicale, depuis l’Himalaya jusqu’aux Fidji. Quelques 370 espèces.
    Eria coronaria
    Eria foetida
    Eria fragrans
    Eria javanica –
    rappelle le genêt d’Espagne (Spartium junceum), très fin et doux
    Eria suaveolens
  • Gastrodia
    Genre comprenant une quarantaine d’espèces dépourvues de chlorophylle, de l’Afrique à l’Asie et l’Australie, du Japon à la Nouvelle-Zélande … quelque soit le continent, les populations autochtones ont consommé leurs tubercules.
    Gastrodia elata – utilisé en médecine traditionnelle chinoise et maintenant, en parfumerie
    Gastrodia sesamoides – « orchidée pomme de terre » à odeur de cannelle
  • Gomesa
    Principalement du Brésil au nord de l’Argentine, mais aussi Bolivie, Paraguay, Pérou, Vénézuéla : de 2 à 15 espèces selon les auteurs, ce genre regroupe 125 espèces depuis 2009. Issues pour la plupart des genres Oncidium, Ornithophora, Rodrigueziopsis
    Gomesa crispa – odeur de primevère
  • Gongora
    Genre comptant près de 65 espèces originaires d’Amérique centrale, du Trinidad et de la zone tropicale de l’Amérique du Sud. La plupart des espèces poussent en Colombie et en Équateur.
    Tous les Gongora ont de délicates nuances fruitées ou chimiques.
    Gongora armenica – odeur d’abricot
    Gongora aromatica – toute la plante est parfumée, les feuilles aussi, odeur de glycine
    Gongora galeata – odeur forte de médicaments
    Gongora leucochila – odeur de foin brûlé
    Gongora odoratissima – « the highly scented Gongora » a un parfum suave, entre citron et vanille
    Gongora tricolor – odeur forte épicée
    Gongora unicolor – odeur d’œuf et de chocolat
  • Grammatophyllum
    Genre représenté par 11 espèces, orchidées épiphytes d’Asie du Sud-est, jusqu’aux îles du Pacifique.
    Grammatophyllum speciosum – « orchidée géante » ou « orchidée tigre » (Tiger Orchid) ou « orchidée canne
    à sucre » (Sugar Cane Orchid) ou « la reine des orchidées », tous ces petits noms pour la plus grande orchidée du monde : taille et poids exceptionnels dans le monde des orchidées, et épiphyte en général. Son pseudobulbe cylindrique peut atteindre une longueur de 2,5 m. Il peut produire des grappes de fleurs gigantesques ainsi que les racines, atteignant plusieurs centaines de kilogrammes jusqu’à 2 tonnes.
    Certains spécimens dégagent un parfum d’orange et jacinthe
  • Grobya
    Ce genre comprend 5 espèces, de l’Equateur au Brésil, dans les forêts humides de plaine à des altitudes de 200 à 900 mètres.
    Grobya amherstiae – odeur difficile à définir, foin, musc ?
  • Gymnadenia
    Orchidées terrestres européennes : environ une vingtaine d’espèces.
    Gymnadenia Austriaca – « 
    Nigritelle » ou « Orchis vanillé » (ancienne Nigritella nigra)
    Gymnadenia conopsea
    – dit « Orchis moustique », odeur forte et agréable
    Gymnadenia odoratissima
    – parfois appelé « Orchis odorant », parfum puissant
    Gymnadenia pyrenaica – parfum suave, capiteux, puissant
  • Houlletia
    Orchidées originaires des Andes, du Panama à la Bolivie ; 25 espèces.
    Houlletia odorissima
    – odeur de violette
    Houlletia tigrina Paphinia tigrina
  • Himantoglossum
    Avec onze espèces, ces orchidées terrestres colonisent la région méditerranéenne, les îles Canaries…
    Himantoglossum hircinum –
    aussi « orchidée bouc » réputée pour son odeur ; plante robuste et ainsi protégée de la cueillette
  • Jumellea
    Environ une soixantaine d’espèces. Le genre est strictement inféodé à Madagascar, aux Comores et aux Mascareignes. L’éperon est une modification du labelle. Il est, chez le genre Jumellea, un tube de taille variable qui renferme du nectar que les papillons de nuit (sphinx) convoitent. Ils sont attirés par l’odeur suave qu’émettent les fleurs au crépuscule, puis repèrent la fleur par sa couleur blanche et la pollinisent lorsqu’ils prélèvent le nectar de la fleur. Des fleurs particulièrement jolies et parfumées.
    Jumellea confusa – jasmin
    Jumellea fragrans
    – odeur de jasmin et coumarine (odeur de foin fraîchement coupé) Les feuilles aussi ont leur parfum : le « Faham » est utilisé en infusion pour ses vertus médicinales et surtout pour parfumer (goût de caramel) les préparations de rhum arrangé.
    La récolte est réglementée pour protéger cette plante devenue rare.
  • Laelia
    Laelia est un genre d’orchidées épiphytes ou lithophytes d’Amérique du Sud comptant environ 25 espèces. Attention aux synonymes Amalia, Bletia, Cattleya, Schomburgkia, Sophronitis
    Laelia albida – odeur de primevère
    Laelia gouldiana – odeur délicate de violette
    Laelia perrinii – épicé, floral
    Laelia primaveralis – odeur de musc
    Laelia pumila – floral, léger
    Laelia purpurata – odeur forte et agréable
  • Lycaste
    Ce genre américain comporte 43 espèces (Kew Garden World Checklist) avec plusieurs hybrides naturels. Les espèces endémiques de l’Amérique du Sud et des îles Caraïbes ont été placées dans le nouveau genre Ida ; celles du Mexique et de l’Amérique centrale sont restées dans le genre Lycaste. Les fleurs sont assez grandes et fréquemment parfumées : odeurs souvent épicées et aldéhydées.4
    Lycaste aromatica – odeur forte de cannelle et de citron
    Lycaste brevispatha – odeur de pomme
    Lycaste campbellii – floral, léger
    Lycaste cruenta – odeur de cannelle et de girofle, en soirée
    Lycaste deppei – odeur de menthol et eucalyptus
    Lycaste lanipes – odeur de miel
    Lycaste locusta – odeur de pomme mûre
    Lycaste suaveolens – nommée « the sweet smelling Lycaste », proche de aromatica
  • Lycomormium
    Ces orchidées (4 à 8 espèces ?) originaires des forêts humides des Andes de 1000 à 1800 m d’altitude, de la Colombie au Pérou, proches des Peristeria, peuvent être aussi délicieusement parfumées.
    Lycomormium fiskei – souvent désigné « Lycomormium fiskei Sweet » parfum agréable, puissant
  • Masdevallia
    Un genre représenté par plus de 350 espèces distribuées du Mexique au sud du Brésil, surtout présentes dans les Andes, entre la Colombie et la Bolivie.
    Masdevallia agaster – floral
    Masdevallia bella
    Masdevallia caudata –
    faiblement, suivant les sujets
    Masdevallia civilis – peu agréable
    Masdevallia colossus –
    odeur de charogne
    Masdevallia ‘Confetti’ AM/AOS ( strobelii X Masd. glandulosa) – épicé
    Masdevallia cyclotega
    Masdevallia davisii –
    faiblement, suivant les sujets
    Masdevallia estradae – odeur d’agrumes
    Masdevallia falcago –
    odeur de citron
    Masdevallia glandulosa –
    remarquable par les osmophores à la surface des pétales, qui diffusent un parfum d’œillet
    Masdevallia livingstoneana – fruité
    Masdevallia ludibunda
    Masdevallia rufescens – vanille, crème aux œufs
    Masdevallia ‘Sugar Baby’ (Masd. floribunda X Masd. veitchii) – odeur de mandarine
    Masdevallia tovarensis –
    odeur sucrée
    Masdevallia triangularis – répugnant, odeur de moisi
    Masdevallia velifera –
    peu agréable
  • Maxillaria
    Originaires d’Amérique tropicale, plus de cinq cents espèces « Orchidées tigrées » composent le genre.
    Maxillaria picta
    – épices
    Maxillaria rufescens – odeur de vanille
    Maxillaria sanguinea – fruit
    Maxillaria tenuifolia – odeur de noix de coco, dite « coconut pie Orchid », légèrement vanillée
    Maxillaria rufescens – odeur de vanille
  • Miltonia
    Du centre et du sud du Brésil jusqu’en Argentine : neuf espèces épiphytes et huit hybrides naturels. Les espèces de ce genre sont parfois confondues avec Miltoniopsis ou « orchidée pensée », ces énormes fleurs voyantes, ont parfois des parfums très doux, légers et agréables.
    Miltonia mooreliana – parfum de rose
    Miltonia spectabilis –
    odeur de rose épicée
  • Mormodes
    Proches des Cycnoches et des Catasetum. Ces orchidées sont presque toutes parfumées, l’odeur est généralement épicée.
  • Myrmecophila (plusieurs Schomburgkia ont été transférés dans ce genre)
    Le nouveau genre comprend une dizaine de plantes, d’Amérique centrale, tropicale. Les pseudobulbes de ces orchidées sont creux et constituent un lieu de refuge pour les fourmis. Celles-ci apportent des débris organiques à la plante, la protège contre d’éventuels prédateurs, ou même contre d’autres plantes. Les deux parties tirent un bénéfice de cette symbiose. Gagnant-gagnant ? Un article récent « Trees Trap Ants Into Sweet Servitude », National Geographic, montre comment un acacia maintient des fourmis dans un état de dépendance forcée. Ces orchidées portent de très belles fleurs, souvent délicieusement parfumées, mais le groupe « plante&fourmis » peut avoir des relents d’acide formique.
    Myrmecophila exaltata – parfum délicatement poivré
    Myrmecophila humboldtii – fleurs au parfum de rose
    Myrmecophila tibicinis (Schomburgkia joueur de flûte) – fleurs légèrement parfumées, vanille
  • Neofinetia
    Nord-est de l’Asie : 3 espèces.
    Neofinetia falcata –
    très odorant surtout la nuit ; mélange d’odeurs de jasmin, de vanille et de chocolat
    connu comme « orchidée des samouraïs »
  • Odontoglossum
    Environ 300 espèces originaires des régions montagneuses d’Amérique du Sud. Quelques 70 espèces ont été intégrées dans le genre Oncidium.
    Odontoglossum cervantesii – floral, léger
    Odontoglossum cordatum –
    odeur d’aubépine
    Odontoglossum crispum –
    odeur de primevère
    Odontoglossum crocidipterum – aubépine
    Odontoglossum hastillabium –
    odeur forte de musc
    Odontoglossum pulchellum –
    odeur de jacinthe
  • Oeniella
    Petites fleurs blanches à éperon de Madagascar, parfumées; 2 espèces.
    Oeniella polystachys – parfum floral fort, 2 hampes de 10 cm parfument toute une pièce
  • Oerstedella
    Ce petit genre ne comportait que 7 espèces, replacées dans le genre Epidendrum.
    Oerstedella endresii – floral, léger
  • Oncidium
    Genre originaire d’Amérique tropicale, de l’Argentine jusqu’à la Floride, avec plus de 280 espèces (520 ?). Après reclassification, plusieurs espèces ont été transférées dans les genres Gomesa, Trichocentrum, mais aussi ont été intégrés Odontoglossum et autres …
    Quelques Onc. ont été utilisés dans les cultures préhispaniques pour leurs propriétés psychotropes, les substituant au Peyotl, autant dire pour nous « stupéfiantes orchidées ».
    Oncidium calochilum –
    odeur de rose et de citron
    Oncidium cheirophorum – parfum de citron frais assez sucré
    Oncidium concolor – tarte aux pommes, épicé
    Oncidium cucullatum – violette
    Oncidium lanceanum –
    odeur forte de vanille
    Oncidium longipes – anis, cannelle
    Oncidium ornithorynchum –
    odeur très agréable de vanille et de chocolat
    Oncidium Sharry Baby – très forte odeur de chocolat
    Oncidium tigrinum – odeur de freesia ou de rose
  • Ophrys
    Le genre Ophrys est un genre d’orchidées terrestres euro-méditerranéennes répandu du sud de la Scandinavie à l’Afrique du Nord et des îles Canaries à la Mer Caspienne. Nombreuses espèces, sous-espèces, variétés, hybrides.
    A partir de la 25ème minute du documentaire, le commentateur à plat ventre dans la prairie du jardin de Kew, explique les raisons pour lesquelles le pétale particulier, le labelle de cette petite orchidée a évolué de façon à ressembler à une abeille : «… on a longtemps cru que c’était une forme de défense pour que les vaches ne la mangent pas, de peur de se faire piquer, mais on sait maintenant …».
    Le labelle des Ophrys, en imitant un corps d’hyménoptère (exceptionnellement de coléoptère), provoque de furieuses pseudo copulations de la part des mâles, attirés par des substances émises par les Ophrys qui imitent des phéromones sexuelles de la femelle correspondante. L’autre documentaire, Nature invisible, épisode : Plantes communicantes, met en scène un mâle de Dasyscolia ciliata dans une pseudo copulation céphalique avec son orchidée fétiche Ophrys ciliata (speculum) ou « Ophrys miroir ». Cette guêpe à la fourrure roux vif mais noire sur la tête, est irrésistiblement attirée par l’Ophrys au miroir bleu, les ailes chez la femelle, étant plus irisées de bleu. Les mâles se disputent les fleurs, volent frénétiquement de l’une à l’autre. Parfois sonnés par leur aventure, saoulés par les substances émises, ils se trompent d’Ophrys et créent de nouveaux hybrides. Ceci est l’exception. Le lien exclusif entre la fleur et son pollinisateur, les rend dépendants, la disparition de l’un est fatale pour l’autre.
  • Pabstia
    (abréviation commerciale) est un genre comprenant 5 espèces épiphytes, toutes endémiques des forêts humides du Brésil.
    Pabstia jugosa – tous ne sont pas parfumés, sinon délicat et fin parfum de liliacée (un peu pastèque ?)
    Pabstia modestior
  • Paphinia
    Le genre Paphinia regroupe actuellement 24 taxons (18 espèces, 4 variétés et 2 formes) d’orchidées d’Amérique (forêts denses et chaudes du Costa Rica à la Bolivie, le genre ne se rencontre au Brésil que dans les États de l’Amazonas et du Pará). Ces O. ont la réputation de ne pas sentir très bon en général, mais la beauté des fleurs, très grandes, compense cet aspect, on peut juste regretter la brièveté des floraisons.
    Paphinia cristata – senteur florale un peu épicée (genévrier et cannelle), médicale
  • Paphiopedilum
    Genre d’orchidées terrestres originaires d’Asie tropicale appelées couramment « Sabot de Vénus ». Ces dernières années, de nouvelles espèces ont été découvertes et répertoriées, portant celles-ci à environ 70, avec 30 variétés en sus. Les sont bordés de poils sur leurs pétales et cette pilosité s’accompagne souvent d’étranges taches en relief, ce qui attire alors des syrphes (petites mouches).
    Paphiopedilum delenatii –
    odeur épicée et de citron
    Paphiopedilum malipoense –
    odeur de framboise
    Paphiopedilum niveum – anis
  • Peristeria
    Genre d’orchidées terrestres comptant 11 espèces : Amérique centrale depuis le Costa Rica jusqu’au Pérou et au nord du Brésil.
    Peristeria elata –
    « orchidée colombe » et emblème de la Colombie : parfum puissant, délicieux
  • Phalaenopsis
    Il existe une cinquantaine d’espèces de cette « orchidée papillon » provenant des Philippines, de l’Indonésie et de l’archipel malais, du Sud-est asiatique, du nord de l’Australie. Tous les sujets ne sont pas également parfumés, vérifier au moment de l’achat ; ils sont plus souvent parfumés l’après-midi.
    Phalaenopsis amboinensis –
    odeur de musc ou jasmin ; variable suivant les sujets
    Phalaenopsis bellina – freesia, muguet, (anciennement violacea bellina, on l’appelait alors
    Phal. violacea var. bellina ou Phal. violacea ‘Bornéo’)
    Phalaenopsis cornu cervi
    Phalaenopsis fasciata – rose
    Phalaenopsis gigantea – épices
    Phalaenopsys hieroglyphica – rose
    Phalaenopsis javanica – odeur de violette
    Phalaenopsis javanica – parfum de violette
    Phalaenopsis lueddemanniana – doux
    Phalaenopsis mannii – mandarine
    Phalaenopsis mariae – floral, léger
    Phalaenopsis modesta – chèvrefeuille, lilas ; certains sujets
    Phalaenopsis parishii
    Phalaenopsis schilleriana – odeur faible, muguet le matin, rose le soir
    Phalaenopsis sumatrana – café
    Phalaenopsis tetraspis – senteur florale
    Phalaenopsis violacea – violette et citron Phalaenopsis wilsonii – senteur de fleur d’oranger Les hybridations répétées en vue d’obtenir des formes, des colorations, ont oublié les parfums. Les hybrides primaires obtenus à partir de Phal. violacea sont interressants.
    Phalaenopsis sweet memory ‘Liodoro’ – violette et citron, par bouffées vers 15h l’après-midi
  • Phragmipedium
    Principalement originaires d’Amérique centrale et du sud, environ 30 espèces.
    Phragmipedium schlimii
    – rose
  • Platanthera
    Environ une centaine d’espèces terrestres des zones tempérées de l’hémisphère nord. Emettent leur parfum à la tombée de la nuit. Le nectar, au fond de l’éperon long et étroit, n’est accessible qu’aux insectes capables de vol stationnaire et pourvus de longues trompes, comme les papillons nocturnes.
  • Rangaeris
    Ce genre très proche d’Angraecum et Aerangis (anagramme), compte 5 espèces, en Afrique subsaharienne.
    Rangaeris amaniensis
    Rangaeris muscicola
    Rangaeris rhipsalisocia
    – girofle
  • Rhyncholaelia
    Espèces (2) épiphytes et succulentes, parfois reclassées dans le genre Brassavola, (Amérique centrale et Caraïbes, Mexique, Belize, Guatemala, Guyane, Honduras, en forêts ouvertes, jusqu’à 1500 mètres d’altitude), les ou Rhynch. sont à cultiver en panier ou montés sur plaque, avec beaucoup de lumière, voire plein soleil. Les feuilles devront prendre une teinte rougeâtre pour que ces plantes puissent fleurir. Les racines doivent sécher entre deux arrosages. Elles exhalent des senteurs d’agrumes la nuit.
    Rhyncholaelia digbyana – fleur nationale du Honduras, fortement parfumée, muguet, citron vert
    Rhyncholaelia glauca – rose, muguet, framboise, sucré (bonbon)
  • Rhynchostylis
    Genre (trois espèces et 2 sous-espèces épiphytes d’Asie du Sud-Est) au parfum inoubliable et envoûtant, généralement épicé.
    Rhynchostylis coelestis – parfum de citron, fleurit en été et automne
    Rhynchostylis gigantea – odeur très puissante et sucrée
    Rhynchostylis retusa – parfum léger, diversement apprécié
  • Rhizanthella
    Communément appelées « orchidées souterraines », les sont endémiques d’Australie (3 espèces ?), dépourvues de chlorophylle. Les rhizomes ou tubercules sont courts, épais, sans racines, sans feuille, servant de réserve pour la plante. Le fruit (= capsule) est charnu, non déhiscent.2
    Rhizanthella gardneri – ou « orchidée métro », découverte grâce à son odeur sucrée
  • Schoenorchis
    Genre ayant fait partie du genre Saccolabium. Il comporte 26 espèces monopodiales miniatures, distribuées depuis l’Asie tropicale et subtropicale jusqu’au Sud-Ouest du Pacifique. Ce sont de petites plantes épiphytes à feuilles souvent épaisses. L’inflorescence simple ou ramifiée porte plusieurs fleurs, de petite taille aussi.
    Schoenorchis fragrans – parfum suave et léger, avec des notes fraîches, vertes
  • Schomburgkia
    Les espèces composant ce genre et originaires d’Amérique tropicale, ont été reclassées en majorité dans le genre Laelia, et une dizaine dans le genre Myrmecophila.
  • Sedirea
    Ce genre comporte 2 espèces, le plus souvent épiphytes, dans la région Chine, Corée et Japon. Sedirea pour Aerides épelé à l’envers.
    Sedirea japonica –
    parfum de citron frais assez sucré et beaucoup moins agressif que le parfum de
    Oncidium cheirophorum
  • Sigmatostalix
    Le genre comprend 31 espèces distribuées du Mexique au Brésil.
    Sigmatostalix radicans – miel
  • Spathoglottis
    Ce genre compte deux espèces d’Orchidaceae terrestres d’Asie du Sud-est.
    Spathoglottis unguiculata – odeur de jus de raisin
  • Stanhopea
    Origine : du Mexique au Brésil en passant par les Caraïbes.
    Ces fleurs sont architecturées pour constituer des pièges pour les pollinisateurs. Les floraisons sont courtes, trois à cinq jours, et doivent attirer les pollinisateurs très rapidement. Tous les exhalent un parfum puissant, épicé, cacaoté, suave, envoûtant et inoubliable qui emplit une pièce. Les attractifs chimiques sont générés dans l’hypochile (partie inférieure du labelle), attirant l’abeille euglossine mâle (Euglossini spp), connue pour sa brillante irisation. Quand l’abeille atterrit sur la fleur, elle glisse sur la surface cireuse de l’hypochile, vers le bas du labelle. La longue colonne est touchée dans le processus, ce qui conduit l’abeille à emporter les pollinies sur son métathorax. L’abeille ne tarde pas à renouveler l’aventure sur une autre fleur, et en glissant, les pollinies sont déposées sur la surface collante du stigmate. Voir l’article consacré à ces fleurs, Monique et Jules Chaussée, dans un précédent bulletin.
    Stanhopea wardii – fleurs très parfumées
    Stanhopea graveolens – parfum vanille-chocolat-camphre assez prononcé qui ne plait pas toujours…
    Stanhopea tigrinum – parfum prononcé
    Stanhopea costariensis – fleurs très parfumées et agréables
    Stanhopea saccata – fleurs au parfum délicieux de cannelle et orange (saccata ?) et de médicament
    Stanhopea tricornis – parfum puissant
  • Stereochilus
    Un genre originaire de l’Himalaya, de l’Indochine et des Philippines, avec 7 espèces.
    Stereochilus dalatensis
    – parfum de musc, camphre
  • Tolumnia
    Le genre Tolumnia récemment détaché du genre Oncidium comprend une vingtaine d’espèces.
    Tolumnia calochila
    – parfum du mimosa comme on le rencontre dans les Antilles
  • Trichocentrum
    Avec quelques sujets issus du genre Oncidium, le genre Trctm compte environ 70 espèces réparties dans les forêts humides du sud de la Floride à l’Uruguay (Amérique centrale, Colombie … Brésil, Paraguay, Uruguay).
    Trichocentrum bicallosum
    Trichocentrum lanceanum
    Trichocentrum tigrinum – muguet
  • Trichoglottis
    Le genre compte environ 69 espèces principalement épiphytes d’Asie du Sud-est, d’Australie et des Iles du Pacifique. La plus grande diversité se trouve aux Philippines.
    Trichoglottis philippinensis – parfum fruité
    Trichoglottis pusilla – légèrement floral
  • Trichopilia
    Genre de plus de cinquante espèces originaires d’Amérique centrale et Amérique du Sud.
    Trichopila fragrans
    – odeur d’amande
    Trichopila suavis
    – odeur d’aubépine
  • Vanda
    Orchidées des forêts tropicales humides de basse et moyenne altitude, de l’Océanie, Asie du Sud-est, et de la Chine au nord de l’Australie. Nombre de Vanda sont délicatement parfumées (nom féminin).
    Vanda amesiana
    Vanda denisoniana – floral fort, sucré
    Vanda kimballiana
    Vanda suavis
    – à la tombée de la nuit
    Vanda tricolor
    – odeur de violette
  • Vanilla
    Seules une quinzaine d’espèces sur 119 répertoriées sont connues pour leurs fruits aromatiques, parfois désignés comme « fleurs noires des Aztèques ».
    Vanilla planifolia (syn. Vanilla fragrans) la plus répandue ; le label « vanille Bourbon » s’applique pour différencier les productions de l’océan Indien, en particulier celles de la Réunion, par rapport aux autres productions. Un seul insecte féconde la fleur, un insecte présent uniquement au Mexique, pays d’origine de ces « orchidées lianes ».2 4
    Vanilla pompona – dite « vanillon » en raison de son fruit plus court, coumarine (herbe coupée, foin)
    Vanilla tahitensis – capsule indéhiscente ; ses fragrances sont aussi utilisées en parfumerie
  • Zygopetalum
    Genre originaire des forêts de moyenne altitude du Pérou et du Brésil, avec 15 espèces.
    Genre très parfumé. Les hybrides ont souvent une odeur de narcisse légèrement poivrée.
    Zygopetalum crinitum – odeur d’œillet
    Zygopetalum mackayi
    – odeur délicate de jacinthe

Dans l’avenir, on peut s’attendre à ce que les orchidéiculteurs connaissant le génome de leurs plantes, mettent sur le marché des plantes « désodorisées », « reparfumées », suivant les goûts des amateurs. Les techniques modernes de biologie moléculaire permettent de neutraliser l’expression de gènes codant pour des caractères précis ou, d’en greffer d’autres.

Les végétaux en général, possèdent un bagage génétique important et la capacité de synthétiser bien des substances, rendant ainsi dépendant le monde animal. Les Orchidées n’ont pas l’exclusivité, mais par leur diversité (et leur génome extrêmement variable), elles ont réussi leur adaptation dans des milieux très différents et réunissent dans leur famille les Orchidaceae, plus de capacités (= adaptations, particularités, curiosités …) qu’aucune autre. Leurs parfums si nombreux, ne sont qu’une facette de leurs capacités. Et nous n’avons présenté ici, qu’une partie de ces odeurs, celles perçues par l’Homme (agréables et non), afin de nous guider dans le choix de nos pensionnaires.

Toutes ces molécules lâchées dans leur environnement, sont la base des échanges des plantes avec celui-ci. Dans le monde végétal, comme dans le monde animal, il semble que la capacité à évoluer soit liée à la capacité à bien communiquer.

Au cours de la présentation à Lancieux le 22/06/2013, les plantes présentes, ont aussi animé la réunion. De plus, en cours d’après-midi et la chaleur augmentant, elles sont entrées en compétition, nous donnant à apprécier pleinement cette autre dimension. Il est difficile de rendre compte avec des mots de la complexité des parfums, de leur richesse olfactive5. Et interviennent les goûts et interprétations de chacun.

Nous avons vu les transformations intervenues dans le monde végétal au cours de son évolution. Et en parallèle, les adaptations intervenues chez les pollinisateurs. Alors que la perception des odeurs est vitale pour de nombreuses espèces animales, l’Homme s’est construit un mode de vie éloigné du milieu naturel et des nécessités de pourvoir à ses besoins en s’aidant de ce sens. Si bien que si l’on considère que toutes les espèces d’orchidées ont besoin de recourir à l’émission de messages olfactifs pour signaler leur présence à des pollinisateurs, et si certains de ces pollinisateurs, eux, reçoivent ces signaux à des kilomètres, nous sommes nous, très loin de pouvoir les apprécier tous.

Notes

Œ1Classification généralement proposée. Ginkgo biloba, fossile vivant, a été parfois classé gymnosperme.

Œ2.  Apparition des Angiospermes.
Peter A. Hochuli and Susanne Feist-Burkhardt. Frontiers in Plant Science : Vol 4, October 2013. Angiosperm-like pollen and Afropollis from the Middle Triassic (Anisian) of the Germanic Basin (Northern Switzerland).

2.  Apparition des Orchidaceae.
Les végétaux avant nous : «de l’algue marine unicellulaire aux plantes à fleurs», Roselyne Buscail, d’après :
Ramirez S, B Gravendeel, R Singer, C Marshall, N Pierce, 2007. Dating the origin of the Orchidaceae from a fossil orchid with its pollinator, Nature, 448 : 1042-1045.
«… les Orchidées, une des plus belles et des plus foisonnantes réussite de l’évolution végétale récente. Une plante à fleur sur douze, environ, est une orchidée. Jusqu’à ces dernières années, les orchidées étaient considérées comme une famille très jeune, apparaissant brusquement en Asie, avec leurs caractères propres, il y a seulement 2 millions d’années puisque leurs plus anciens fossiles dataient de cette période. La grande rareté des fossiles d’orchidées pouvait cependant être due à leur mode de vie : les plantes tropicales pourrissent rapidement et ne fossilisent donc que très difficilement. Récemment des chercheurs ont découvert le plus vieux fossile d’orchidée connu (Ramirez et al, 2007). Il s’agit en fait d’une abeille piégée dans l’ambre (daté de 15 à 20 millions d’années) qui présente des pollinies, paquets de grain de pollen typiques des orchidées, collées à ses pattes, témoignage fossile unique de la précieuse pollinisation exercée par les abeilles. L’espèce a été baptisée Meliorchis caribea. Grâce à cet échantillon de Meliorchis caribea et à la méthode de l’horloge moléculaire, basée sur des analyses d’ADN, Santiago Ramirez et ses collègues ont reconstitué les grandes branches de l’arbre généalogique des orchidées. Ils estiment que l’ancêtre commun le plus récent des orchidées vivait il y a 76 à 84 millions d’années et que ces plantes ont véritablement commencé à se diversifier après la grande extinction de la limite Crétacé-Tertiaire qui a rayé beaucoup d’espèces de la surface de la terre, notamment les dinosaures.»
Extinction survenue suite à l’impact d’une météorite dans la zone aujourd’hui correspondant au golfe du Mexique il y a 65,5 millions d’années. Les pollinies de Meliorchis caribea situent cette orchidée fossile en République Dominicaine. Aujourd’hui les genres, Kreodanthus (Cuba et le sud du Mexique au Pérou), Microchilus (Nouveau Monde), présentent des caractères les rapprochant le plus de ce qu’a été Meliorchis caribea (également d’après étude du corps de l’insecte, une espèce d’abeille aujourd’hui disparue).
Corymborkis (orchidées terrestres de toute la zone tropicale, sous-famille Epidendroideae) et Vanilla (lianes grimpantes, sans être des plantes totalement épiphytes, originaires d’Amérique Centrale), sont aujourd’hui les genres présentant les caractéristiques les plus primitives des Orchidaceae.
Comment ces plantes ont-elles colonisé la planète ? Les études autour de l’arbre phylogénétique des orchidées, nous renseignent.

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Apostasioideae est une sous-famille des Orchidaceae, acceptée par la classification phylogénétique, possédant des caractères assez « primitifs » et comportant 2 genres (Apostasia, Neuwiedia) et 15 espèces, terrestres, plantes à tubercules ressemblant à de hautes herbes sans rhizomes, sympodiales, des zones humides et ombragées, racines sans vélamen, similarité des sépales et des pétales, absence de labelle différencié, 2 ou 3 étamines (3 chez les Iridacées) au lieu d’une seule comme les autres orchidées (sauf Cypripedioideae), pollen pulvérulent (non agrégé en pollinies).
Cypripedioideae, sous-famille d’une centaine d’espèces à rhizome, réparties généralement en 5 genres (Cypripedium, Mexipedium, Paphiopedilum, Phragmipedium, Selenipedium), terrestres ou semi-terrestres, racines fibreuses et poilues, adaptées au mode de vie terrestre, sympodiales sans pseudobulbes, dont les fleurs se distinguent par leur forme (fleurs formées d’un sépale dorsal = pavillon, d’un synsépale qui résulte de la fusion des deux sépales latéraux, de deux pétales et d’un labelle bouffant ressemblant à un sabot), deux étamines latérales fertiles et du pollen granuleux-visqueux.
Vanilloideae se compose de 15 genres et d’environ 180 espèces, poussant généralement comme lianes épiphytes ; les feuilles présentent parfois un veinage en forme de filet (et non des nervures parallèles comme pour la plupart des orchidées), les grains de pollen sont farineux, légèrement collants et parfois agglutinés en pollinies. Chez les orchidacées, la capsule est composée de trois valves délimitées par six fentes de déhiscence (deux par carpelle) situées de part et d’autre des placentas. Les membres de la sous-famille des Vanilloideae possèdent des caractères inhabituels chez les orchidacées, dont celui de la déhiscence ; dans le genre Vanilla, la capsule ne comporte que deux fentes de déhiscence (ou pas) créant deux valves.
Orchidoideae est une sous-famille de plantes généralement terrestres avec près de 210 genres et plus de 3 630 espèces (aussi la souterraine Rhizanthella gardneri) dont les fleurs présentent un labelle différencié (le pétale supérieur a subi une différenciation morphologique), les parties sexuées sont soudées en une colonne appelée gynostème comprenant une seule étamine fertile avec anthère dressée et grains de pollen réunis en pollinies séparées des deux stigmates fertiles par le rostellum, un ovaire infère ayant la plupart du temps subi une torsion à 180 degrés (résupination) mettant le labelle en position inférieure.
Epidendroideae, la plus grande sous-famille d’orchidées, regroupe près de 580 genres et plus de 15 000 espèces. Celles-ci sont majoritairement tropicales, épiphytes. Une seule anthère fertile avec pour la plupart, des pollinies constituées de masses de pollen compactes et cireuses.

La classification phylogénétique, basée sur l’analyse de deux gènes chloroplastiques ainsi qu’un gène nucléaire de ribosome (à partir du génotype), a remplacé la classification traditionnelle en botanique (basée sur les ressemblances morphologiques et physiologiques évidentes, composant le phénotype).
Cette méthode permet de déterminer la parenté génétique de chaque espèce. Il s’ensuit que des plantes d’un même genre peuvent être très différentes morphologiquement en fonction du milieu (pollinisateurs, climat) auxquels elles ont dû s’adapter. La classification APG III (3ème version) fait référence depuis 2009.
Selon Angiosperm Phylogeny Group (2010) : 881 genres Orchidacea.
Selon DELTA Angiosperms (2010) : 887 genres.
Selon National Center for Biotechnology Information (2010) : 674 genres.
Selon Kew Garden (http://data.kew.org/cgi-bin/vpfg1992/genlist.pl?Orchidaceae, 09/2013, selon Pridgeon, Cribb, Chase & Rasmussen) : 835 genres d’O. botaniques, +26 hybridations intergénériques « naturelles ».

Comment les Orchidaceae ont-elles colonisé la planète ?
–  Puisque ces plantes existent dans le monde entier, particulièrement dans les régions tropicales et subtropicales, d’Amérique tropicale en Asie tropicale, en Nouvelle-Guinée et en Afrique occidentale ;
–  puisque les continents se sont séparés pour former l’Atlantique (Amérique du sud et Afrique, écartement de l’Amérique du nord), durant le Secondaire ;
–  il a fallu que des échanges d’organismes vivants se soient produits après cette séparation (l’ancienneté de Vanilla remonterait à 60-70 millions d’années). L’augmentation des biotopes côtiers, les migrations opérées par certains pollinisateurs, la dissémination des graines si légères par les vents, la faculté de ces plantes à utiliser les réseaux mycorhiziens…

Situation des plaques tectoniques de début à fin du Secondaire (= fin Crétacée vers – 65,5 Ma)

Œ2. Nourriture des dinosaures au Crétacé ; fr Langlois C., 2005. Les Poacées (Graminées). D’après:
Prasad V., Strömberg C.A.E., Alimohammadian H., Sahni A. Dinosaur coprolites and the early evolution of grasses and grazers. Science 310 : 1177, 2005.
Poaceae (nom issu du genre Poa pour pâturin) ou Gramineae, est le nom scientifique d’une importante famille botanique qui regroupe près de 12 000 espèces en plus de 700 genres. On y trouve la plupart des espèces de plantes appelées communément « herbes », « céréales », les bambous… C’est une famille avec une répartition cosmopolite, d’un intérêt de tout premier plan dans le développement de l’humanité, assurant une grande partie de l’alimentation.

Œ3Le langage des fleurs symbolise des sentiments ou des intentions dans certaines cultures, positifs généralement (gratitude, générosité, amitié, pardon…). Des expressions délicates associées aux fleurs, mieux que les mots ne sauraient dire. Nous empruntons alors un autre mode de communication.

Œ4.  Quelques molécules à l’origine de ces odeurs :
Les plantes n’étant pas capables de se déplacer, elles ne peuvent pas distancer leurs prédateurs, ni se reproduire directement. Elles ont développé des stratégies de défense et de perpétuation de l’espèce, très efficaces, basées principalement sur l’emploi d’un arsenal chimique. La communication entre plantes par voie aérienne est largement répandue. Les plantes s’avertissent mutuellement ou avertissent leurs auxiliaires, au moyen de molécules volatiles (Science&Vie n°1146 : L’intelligence des plantes enfin révélée).
Certaines fleurs, comme les orchidées, ont des glandes odoriférantes spécialisées appelées osmophores, lesquelles suintent un parfum liquide qui s’évapore au contact de l’air. Les températures élevées favorisent cette évaporation. Ces glandes sont généralement situées sur le labelle.

La plupart des arômes et odeurs que nous associons aux plantes sont le résultat des terpènes (comme limonène, citral, camphre, pinène, eugénol, anéthol, thymol, géraniol, menthol …) et des flavonoïdes. Les terpènes sont des molécules aromatiques produites dans la résine de la plante. Ils assurent plusieurs fonctions ; certains par exemple repoussent les prédateurs, d’autres les tuent, retardent leur maturation, ou affectent leur métabolisme. D’autres terpènes peuvent être créés en réaction à un stress subit par la plante (chaleur…). Les plantes utilisent encore d’autres molécules aromatiques pour attirer les pollinisateurs assurant la reproduction, ou pour attirer les prédateurs de leurs ennemis.
Les huiles essentielles de plantes sont principalement composées de terpènes.
Les huiles essentielles sont utilisées en parfumerie, en notes de tête essentiellement. Les notes hespéridées sont très volatiles (d’où la difficulté à les saisir, les stabiliser, les analyser), très fraîches, elles apportent de l’envol et une ouverture plaisante en tête d’une composition : Eaux de Cologne, Eaux fraîches.
L’aromathérapie utilise les propriétés thérapeutiques de ces terpènes pour réguler l’humeur, les problèmes de sommeil, l’acuité ou la santé. L’huile essentielle de lavande est par exemple calmante et relaxante, alors que celle du romarin augmente la concentration et procure un sentiment de satisfaction.
L’Homme utilise (ou est manipulé ?) les produits volatils depuis longtemps, pour influer sur ses fonctions biologiques. D’abord en raison de la capacité d’absorption des voies respiratoires (surface et rapidité). Les produits inhalés sont capables de toutes sortes d’effets, jusque sur le psychisme. De tous les parfums, l’encens est certainement celui qui a le passé le plus prestigieux. En plus de couvrir les odeurs dans des lieux rassemblant beaucoup de personnes, sur des sites de sacrifices …, la combustion de cette résine d’arbres (genre Boswellia), dégage des vapeurs (benzopyrène …, comme dans le tabac, le bois de santal) qui modifient la perception et le niveau de conscience.

Toutes les pyrazines ont des seuils de détection sensorielle très faibles. Ces molécules possèdent des cycles (noyaux aromatiques) du type du benzène. Naturellement présentes dans le vin fermenté à l’origine des odeurs « fruits et légumes », de cacao, de café et de poivron. Curieusement, alors que de nombreux amateurs de vin trouvent la pyrazine agréable dans le sauvignon blanc, ils la rejettent dans le vin rouge issu du cabernet sauvignon.

Les phéromones (ou phérormones ou encore phéro-hormones) sont des substances chimiques excrétées par la plupart des animaux, et certains végétaux, et qui agissent comme des messagers entre les individus d’une même espèce, transmettant aux autres organismes des informations qui jouent un rôle dans l’attraction sexuelle notamment. Extrêmement actives, elles agissent en quantités infinitésimales sur le comportement, la biologie, si bien qu’elles peuvent être détectées, ou même transportées, à plusieurs kilomètres. Les insectes les détectent grâce à leurs antennes. Certains papillons (sphinx mâles = antennes plus grandes et davantage plumeuses) détectent une partenaire sexuelle à plus de 10 kilomètres.
Les phéromones peuvent être des aldéhydes, des esters (odeurs agréables souvent à l’origine de l’arôme naturel des fruits : pomme, banane, framboise, abricot, ananas, rose, jasmin), et bien d’autres composés.

La vanilline (ci-dessous) est un aldéhyde aromatique parmi les composants multiples de l’arôme naturel de la vanille, le plus important et le plus caractéristique. D’où vient que quelquefois, l’on distingue des arômes de vanille dans les vins ? La vanilline apparait en cours d’élevage. Un séjour en fût révélera ces arômes apportés par la transformation chimique de la lignine du bois. L’obtention de ce parfum de vanille, a donné lieu à une activité importante. Culture des plants, pollinisation, récolte et traitement des gousses, toutes ces opérations nécessitent une main d’œuvre abondante et font de la vanille, un produit précieux, raffiné : http://www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/aromes/vanille/vanille.htm
Aujourd’hui, la vanille est toujours très utilisée en cuisine comme épice, elle est le parfum de base des crèmes. Elle entre dans la composition de parfums célèbres. Mais pour un usage plus large, dans l’agro-alimentaire, dans les produits d’hygiène, la vanilline synthétisée à partir de sciure de bois et donc moins chère, est privilégiée ; sans parvenir à obtenir les complexités, nuances et douceurs de son modèle naturel.

Vanilline

Vanilline

Les aldéhydes sont des molécules existant à l’état naturel dans le zeste des agrumes, l’écorce de cannelle, la rose. Ils sont reconnaissables à leur odeur métallique, grasse, chaude, et suivant l’aldéhyde, plus ou moins orangée, grinçante, savonneuse, avec parfois un effet « fer à repasser ». Ils donnent de l’envolée et du volume aux compositions florales, et même du sillage pour certains.
Le cinnamaldéhyde (ci-dessous) aussi un aldéhyde aromatique, composant principal de l’essence de cannelle, se trouve à l’état naturel dans le tronc du cannelier et du camphrier. Il entre également dans la composition des huiles essentielles de jacinthe, jasmin, patchouli. Rare produit d’origine naturelle reconnu comme perturbateur endocrinien (substance interférant avec la régulation hormonale, http://www.noteo.info/).

cinnamaldehyde

Cinnamaldéhyde

Le 4-hydroxy-benzaldéhyde (ci-dessous), présent dans certaines orchidées, Gastrodia elata et Galeola faberi (aussi dans la vanille) a valu à ces plantes d’entrer dans la médecine traditionnelle chinoise 2800 ans avant notre ère.

4-hydroxy-benzaldéhyde

4-hydroxy-benzaldéhyde

Les purines, les bien nommées, participent à la formation et la dégradation des protéines des chairs de poissons. Elles sont des molécules simples ; tout comme celles correspondant aux odeurs de charogne.

Œ5.  Comment est constitué un parfum ?
En parfumerie, comme pour les orchidées, nous percevons un assemblage de différentes odeurs, dans l’ordre : notes de tête, de cœur, de fond.

Les notes de tête sont constituées de matières premières les plus légères, les plus volatiles, qui vont ressortir dès le départ de l’application, et disparaître le plus vite.
Exemple : les agrumes (hespéridés), les notes aromatiques vertes, fraîches, mentholées, eucalyptus.

Les molécules à volatilité moyenne sont les notes de cœur, et ont un rôle tampon : prolonger la fraîcheur des notes de tête, et annoncer la chaleur des notes de fond.
Exemple : les notes florales, fruitées, épicées, aldéhydées.

Les molécules les plus lourdes constituent les notes de fond, et ont une durée de vie beaucoup plus longue. Ce sont souvent elles qui donnent de la personnalité au parfum, car fortes, persistantes, et les dernières à nous imprimer.
Exemple : notes vanillées, cacaotées, boisées, musquées, ambrées, et cuirées ! Ces molécules peuvent être petites mais lourdes au sens peu volatiles, sont stables, imprègnent facilement un support, d’où leur rémanence. Une visite de ¼ heure dans un abattoir, laisse une marque olfactive dans notre mémoire et sur les vêtements ; et suivant la nature des tissus, pour toute la journée.

Illustrations d’orchidées parfumées